Trail nocturne de Savès par Marion

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Cette fois-ci je crois que je ne peux pas y échapper, le CR du trail du week-end, je me dois de le faire. 

Allons-y, presque à chaud, dans la spontanéité, et tant pis pour le style et les figures de style…

Ça n’est pas un exploit, ni un ultra, ni une course difficile, ni un défis… mais c’est pour moi une grande première: un trail nocturne ! 

Bien sûr, j’ai déjà plusieurs sorties by night à mon actif, mais quand Nicom nous a parlé de cette course et qu’avec Nico (le mien) on s’est dit, ça doit être bien sympa eh bien j’avais pas réalisé qu’en fait, c’était vraiment dans le noir!!!

Alors on a préparé les loupiotes (pour ma part une frontale et une pectorale que j’ai enfin fini par retrouver, j’ai bien fait suer les garçons pendant une bonne heure samedi aprem pour qu’ils m’aident à retrouver cette fichue lumière, que je réussi à charger un petit peu avant de partir) j’ai pris mes lunettes, pour mettre toutes les chances de mon côté et éviter de me prendre les pieds dans LA racine sous le tas de feuille ou de louper le balisage et me perdre dans la nuit au beau milieu du bois! 

Raclette entre amis la veille, restes de raclette/charcut’ avec quelques pâtes à midi, des céréales et de la pâte à tartiner pour le quatre heure, on est au top...

On décolle d’Eaunes direction Bérat pour déposer mon fils chez Papinou et Maminou, et là je soule les garçons pendant tout le trajet en leur disant que j’ai peur de me perdre, que j’ai la trouille qu’un sanglier me déboule de derrière un buisson et me poursuive (d’ailleurs pendant l’aprem Joan était venu me voir en me disant « regarde maman comment je fais des sprints du couloir jusqu’au canapé, en fait j’imagine qu’un sanglier me poursuit puis je saute sur le canapé », je crois que je les ai vraiment traumatisés ces derniers jours avec mes histoires de sangliers) bref… vous l’avez compris j’arrive super confiante à Forgues :/ 

Le ciel est dégagé, les étoiles scintillent, c’est beau, mais on descend du fourgon et le froid est un peu saisissant .

Heureusement, les copains taras sont là, on retrouve Nicoach (toujours aussi détendu, il dit qu’il va y aller tranquillou pour éviter de se blesser, cross du lendemain oblige), Benji (en mode sanglier mais râle un peu parce que c’est l’heure de l’apéro! Nicoach lui dit qu’il aurait dû manger plus qu’une banane au goûter, pour un 22km, quand même…), Julie (qui arrive, pimpante, avec son fils qui va faire son premier trail, c’est chouette), Nicom (toujours la patate, il danse, il se prépare pour prendre le micro en mode TRF , il est à fond) et JayJay (souriant, détendu, prêt à passer une bonne soirée dans le froid et dans la boue). 

On assiste au départ du 22, ambiance de folie, un peu à l’ « american » , ça part à fond la caisse ! 

Pour le 11km: Derniers préparatifs, tenue, frontale, gants, doudoune sans manches fine, kway, tour de cou, bandeau au cas où…. J’ai l’impression qu’on part sur un gros trail ou affronter je ne sais quelle tempête du pôle nord, mais non, en fait on est juste à Forgues, et on n’est juste plus habitués à avoir froid. Tout prend souvent de l’ampleur, une autre dimension, quand on est sur le départ (ça vous fait cet effet à vous aussi? ) 

Après quelques petites minutes d’échauffement, je me place sur la ligne de départ à côté de Nicoach et de JayJay, je sais que je ne les verrai que quelques secondes, de dos, et comme pour le 22 ça part très vite. Et comme à chaque fois, je me dis que je suis vraiment débile de partir aussi vite mais c’est plus fort que moi, j’essaie de rester dans le premier paquet. J’aperçois quelques filles, mais je suis concentrée, je regarde où je mets les pieds pour éviter de me les tremper dans les quelques flaques présentes sur les chemins au départ.

Nous rentrons bientôt dans le bois de Rieumes, pas mal de singles, c’est ludique, je sais que Nico va adorer, c’est cool. Il y a un peu de boue, ça glisse un peu par endroit, dès que ça descend je me fais bien doubler, je joue la prudence et puis en fait je suis vraiment nulle en descente, je me fais doubler par une nana, que je redouble dans la côte suivante. Deux trois gars manquent de se casser la binette devant moi, ça glisse un peu dans les virages, on passe le, à mon avis, fameux ruisseau, plein de bouillasse, effectivement la chaussure reste collée quelques fractions de seconde, mais ça passe.

Une nana me double juste avant la montée chronométrée et là je me dis « y’a pas moyen », je m’accroche, il faut que je reste derrière elle, je vais lui coller aux basques pour lui mettre la pression, en fait j’arrive pas à la doubler oui!!! et puis je sens que je pourrais passer devant mais bien moins sûre d’y rester. Alors je me dis que stratégiquement parlant c’est peut être plus prudent de rester derrière elle. Je fais surtout ce que je peux. Ma frontale se met à clignoter quelques secondes sans s’éteindre, bizarre...

Il y a de l’animation dans le bois, des guirlandes lumineuses, des enfants, des gens qui font de la musique avec des casseroles, d’autres qui mettent la musique à fond en haut d’une côte pour motiver les troupes (coool, surtout que la mienne s’est arrêtée 5mn après le départ, ça capte walou dans la forêt de Rieumes, non mais sans dec. Finalement c’est bien plus chouette les petits bruits de la forêt dans la nuit!) Parfois je m’éloigne de la nana et je sens que j’ai pas grand monde juste derrière moi alors ça me motive pour accélérer un peu et éviter de me retrouver isolée, enfin, tout est relatif… 

Ma frontale clignote à nouveau… puis s’éteint! Im pé ca ble. Je regarde ma montre, j’ai fait un peu plus de 7km, il me reste la pectorale qui balaye de gauche à droite, ça me file la gerbe (mais j’ai l’habitude de la prendre en complément de la frontale c’est pas mal et heureusement que je l’avais retrouvée) et  ça éclaire tout sauf le sentier, Ça ne va probablement pas faire long feu compte tenu du peu de temps de charge… Que faire si tout s’éteint?

         Réponse A. Je demande à la c. de devant si elle veut bien qu’on coure ensemble,

         Réponse B. j’attends à côté d’un arbre que Nico qui n’est pas très loin derrière moi arrive et partage sa chandelle, so cut.

         Réponse C. C’est bon, fait pas ta chochotte, elle va pas s’éteindre et puis au pire tu cours dans le noir, tu finis ta course et basta.

Tout à coup je me fais doubler par les 3 premiers du 22km qui passent comme des fusées. En haut d’une côte, à un carrefour, la nana de devant se plante (quelques secondes), j’en profite pour repasser devant elle, yes!!! Puis elle me redouble, toujours très poliment, « Attention, je passe à gauche! » saperlipopette! tu vas voir moi je vais te passer devant d’ici la ligne d’arrivée (vous aussi vous avez de jolies pensées qui vous viennent à l’esprit quand vous vous faites doubler hein??) bon restons zen, soyons zen, il reste encore quelques km, peu de temps avant de sortir du bois un gars nous dit, vous êtes dans les trois premières!!! ça veut dire qu’il y en a encore une devant nous??!! La personne qui est derrière moi semble pourtant être un homme, à la voix. J’ai soif, mais j’arrive pas à attraper ma gourdelette, j’ai besoin de me moucher mais tous les mouchoirs sont trempés, je suis en suspens de savoir si ma deuxième loupiote va s’éteindre  et en plus faut que je fasse des calculs pour savoir combien de nanas il y a devant moi… nan mais c’est bon quoi, j’suis pas prof de maths, “cours te prends pas la tête et puis c’est tout !!!”

On sort du bois, j’arrive à me rapprocher davantage de la nana. Je sens que j’en ai un peu sous le capot mais je préfère ne pas accélérer, encore trop risqué. Quelques minutes plus tard je jete un œil à ma montre, il ne doit pas rester plus d’un km, on entend de mieux en mieux le speaker. Alors si je veux être sûre d’être dans les trois premières « pour de vrai » faut que je lache les chevaux maintenant. C’est parti, je double plutôt facilement et là, j’essaie de garder le rythme je sens qu’elle me colle puis s’éloigne un tout petit peu, les dernières centaines de mettre me semblent être une éternité, normal, je suis pas loin d’être à fond, puis j’aperçois enfin les jolis flambeaux installés juste avant l’arche, c’est classe (bon, pas trop TRF je pense Nicom… mais ça fait son effet), là je me dis qu’il faut sprinter, elle ne doit pas être très loin derrière moi. Je suis à quelques mètres de l’arrivée et j’entends le speaker annoncer la première féminine du 11. c’est moi???! Non mais t’es sérieux? Ok, c’est clair, je suis pas prof de maths! Je donne tout ce qu’il me reste (petit flash d’il y a deux ans à St Orens quand la deuxième me double sur la ligne d’arrivée) et puis en fait j’y crois tellement pas, allez, pourquoi pas moi cette fois-ci?!! Je franchis la ligne presque en même temps que la seconde. Ça y est je l’ai fait !!!

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Je retrouve Guillaume, le traileur en claquettes, famille éloignée, qui me félicite, c’est moi qui le félicite oui! Courir dans la boue avec des claquetas, respect ! Je retrouve rapidement JayJay, Nico arrive 5 minutes après moi, on est fiers d’être sur la ligne d’arrivée et en amoureux (merci JayJay pour la photo ;) ) je retrouve également Nicoach qui a fini 3eme et 1er dans la montée chronométrée, y’a rien là?! C’est notre Coach, normal ! Nous retrouvons aussi Julie qui arrive avec le sourire et qui peut être fiere de son chrono, bravo à son fils qui finit 30’ devant moi, il a bien gazé pour son premier trail! 

Benji et Nicom arrivent du 22km, toujours en forme et prêts pour attaquer la bière et le pâtes/saucisse/soupe offert sur place. 

Les Taras se retrouvent donc, autour d’un petit repas chaud, ça fait du bien, il commence à faire frisquet. On en profite pour faire le traditionnel débriefing. Merci aux Taras d’avoir attendu la remise des récompenses dans le froid, une bière glacée à la main. Merci pour vos applaudissements, je n’étais pas peu fière de brandir cette superbe salamandre en bois joliment sculptée à la main (petit clin d’œil à Cyrielle qui m’avait envoyé la photo du trophée via facebook pour me motiver à aller chercher la 1ere place. Je m’étais bien dit que ça me ferait plaisir de pouvoir offrir cette salamandre à mon fils, mais je restais lucide et savais parfaitement que les premières places sont chères. Elles sont surtout dangereux pour le coup: Je me suis pris la structure métallique du chapiteau/estrade en montant sur la première marche du podium, trop haute pour moi? Il faut vraiment souffrir pour être première!!! Les autres gagnants peuvent quand même me remercier car les organisateurs ont donc déplacé les marches). 

Un grand bravo aux copains taras venus s’amuser dans le Savès, big up à Nicoach pour cette belle 3e place et à Périne qui monte sur la première marche pour le 22km ! 

Sans oublier mon Nico avec qui j’ai également eu la chance de partager ce trail nocturne. 

Je crois qu’on a tous bien mérité notre dimanche au chaud, devant la cheminée.

Enfin… le coach renfile ses baskets, souhaitons lui bonne chance ! On sait déjà qu’il va tout déchirer 

Je profite de ce message pour remercier tous les taras qui partagent leurs superbes CR, je pense notamment aux derniers Cr de JayJay, de Nicom, de Nicoach, de Nicolas et de Loïc. C’est passionnant, drôle et émouvant. Et puis je me dis souvent que vous êtes oufs de vous lancer de si gros défis, mais le principal c’est que chacun arrive à prendre du plaisir, à découvrir de superbes endroits, apprenne à mieux se connaître, se dépasser. C’est surtout grâce à cette émulation et ces moments de partage propres aux taras que cela est possible. 

Je profite également de ce message pour remercier Tiffanie, qui m’a motivée pour faire mon premier trail il y a 4 ans (c’était le TMT, la Raramuri) et qui m’a permis d’intégrer cette jolie famille de sportifs tous plus déglingos les uns que les autres, (soyons honnêtes). 

Bon dimanche à vous tous 

Et bon match pour les aficionados 

Besicos 

Marion

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